Alkopharm-"Le personnel fait bloc"

Publié le 19 Octobre 2012

121017-alkopharm.jpgSoixante et onze salariés d'Alkopharm étaient présents, hier à Quimper, au tribunal des Prud'hommes pour une audience de conciliation avec leur direction à propos de retenues sur salaires. La tension ne baisse pas sur le site pharmaceutique quimpérois où les employés restent très soudés.

«Nous lançons un appel à la direction pour qu'elle entame des négociations», disaient en juin dernier, les délégués syndicaux de la société pharmaceutique quimpéroise aujourd'hui scindée en quatre entités (*). Les relations se sont pourtant dégradées ces derniers mois entre le personnel et la direction. Le conflit s'est cristallisé sur laremise en cause par la nouvelle direction de l'accord d'entreprise existant. La modification portait notamment sur le fait de répartir le temps de travail surcinq jours et non plus quatre. La CFDT avait alors réclamé unerenégociation globale, comme le justifiaient les textes. Lecture différente de la direction qui estimait que ce changement n'impliquait pas de négociations. Premier clash. Premières lettres recommandées pour imposer «autoritairement» les cinq jours, puis refus du personnel et fin juin, retenues sur salaires (20% à 25%). «Nous faisions pourtant le même horaire sur quatre jours que ce qui était demandé sur cinq», rappelle Erika Jourdrain, déléguée du personnel. Les salariés décident alors un recours devant les prud'hommes pour obtenir le remboursement des retenues sur salaires et obtenir des dommages et intérêts.

Négociations avortées

Parallèlement, début juillet, une rencontre entre les représentants du personnel et la direction a eu lieu sous l'autorité de la Direction du travail afin que des négociations soient entamées. «Nous savions que nous ne conserverions pas notre temps de travail sur quatre jours, dit Erika Jourdrain, déléguée du personnel. Suite à cette première rencontre, nous avons eu deux réunions avec la direction sans aborder le fond. Nous n'étions pas d'accord sur la méthode. Elle nous a accusés de faire obstruction. Et puis plus de nouvelles». Fin juillet, le personnel apprenait que 22 licenciements économiques étaient programmés répartis sur les quatre sociétés. «Nous avons accepté sous la contrainte de passer sous cinq jours», ajoute Gilles Héno.

Audience reportée

Hier matin avait donc lieu une première audience de conciliation aux prud'hommes. Surprise: la direction n'était pas présente. «Nous avons eu la défection de dernière minute d'un avocat, justifiait Valéry Monnin, directeur général. L'idéal est de refaire une conciliation dans quelques jours, quand nous aurons un autre avocat». «C'est grave qu'un employeur ne daigne pas se déplacer», estime Gilles Héno, délégué du personnel. «Dans ce conflit, le volet social n'est que la goutte d'eau», ajoute-t-il. «On va dans le mur et ils vont dire que ce sera la faute de la CFDT», ajoute Alain Perrot, délégué du personnel. «On ne me fera pas croire que des délégués du personnel peuvent bloquer des investissements d'une entreprise», ajoute Gilles Héno qui s'interroge sur la volonté réelle d'investir. «Nous nous battons pour que le Code du travail soit respecté. Psychologiquement, c'est très dur, mais tout le personnel est soudé», ajoute Erika Jourdrain. «Nous utilisons simplement notre droit avec l'appui des organes de l'État, ajoute Gilles Héno. Dans le même temps, le personnel travaille».

*) L'ex Girex-Mazal a été séparée en quatre entités réunies par le holding Pharminvest: Alkopharm (43salariés), Alkochim (15), Pharminvest Maintenance (15) et IRQ Bios (11), ce qui a eu pour effet de supprimer le comité d'entreprise qui concerne les entreprises de plus de 50 salariés.

 

  • Ronan Larvor
  •  source:le Télégramme

Rédigé par PCF Briec-Fouesnant-Quimper

Publié dans #Eco-Social

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