Quimper-Réguaires: des riverains très inquiets sur l'avenir de la rue
Publié le 19 Octobre 2012
Des riverains habitant ici depuis 49 ans et 30 ans, se voient obligés de monter au créneau, de même que quelques commerçants.
Un collectif de riverains inquiets se mobilise contre le «plan transports» qui transformerait la rue des Réguaires en un axe à grande circulation. Leur dossier des nuisances inévitables est édifiant.
«Imaginez notre rue étouffée par un trafic routier multiplié par sept». C'est effectivement ce que dit le rapport d'enquête, qu'il y ait des bus des deux côtés ou d'un seul côté de l'Odet. «Cela
signifie vouloir changer une rue de quartier en boulevard à grande circulation, ce qui est totalement inadmissible!» Le collectif, qui représente les 250 personnes habitant la rue des Réguaires,
des commerçants et artisans, s'exprime aussi au nom d'un quartier. Celui-ci comprenant, entre autres, la rue Aristide-Briand dont la circulation serait multipliée au moins par trois. «Cette
situation est d'autant plus inacceptable, que, sans compromettre le projet de transport, dont nombre d'aspects sont pertinents, d'autres options sont possibles», écrivent les signataires d'un
manifeste de quatre pages remis, hier en mairie, aux commissaires enquêteurs. Dans ce dernier, les riverains développent longuement plusieurs chapitres exposant les «inconvénients et aberrations
du projet». Les nuisances sonores, toxiques et de libre évolution dans leur propre rue, figurant, en tête de chapitre, puisqu'elles affecteraient la vie quotidienne et la santé des riverains. «La
rue des Réguaires sera la seule à Quimper à voir son niveau sonore passer de 3,5dB à 4dB».
Caisse de résonance
Chiffres si élevés que la communauté d'agglomération a prévu de participer au financement d'isolation phonique des appartements. Et l'été, pas le droit d'ouvrir les fenêtres sous peine d'un
vacarme constant? La rue étant particulièrement étroite et encaissée, il est aisé d'imaginer la caisse de résonance, sans parler des vibrations». Sur le chapitre des émanations toxiques
qu'émettraient 8.570 véhicules par jour: «une augmentation de 10% d'azote, constitue la seule étude quantitative des différents polluants qui affecteront nos logements (plus possible d'aérer).
Piétons et cyclistes subiraient directement ces émanations à 80% diesel. Quid de l'amélioration du cadre de vie portée par ce projet?» Côté circulation (qui serait dans le sens opposé à
aujourd'hui), le collectif fait état de la présence de 16garages privés et du débouché d'une impasse sur 200m de voie concernée. «Déjà difficiles aujourd'hui dans un espace restreint, il serait
difficile d'accéder à nos propres garages, vu l'explosion du trafic, à laquelle s'ajouterait une bande cyclable à contre sens.
Saturation
De plus, la suppression des 18places actuelles de stationnement (un cabinet médical en a très souvent besoin), équivaudrait à ne plus pouvoir marquer d'arrêts temporaires (déménagements,
travauxetc.) A noter que Quimper ne compte aucune voie sans stationnement, à l'exception de la rue Théodore-Le-Hars,
très peu habitée et bénéficiant d'un parking public». Le collectif évoque également la partie rive droite de la rue A.-Briand qui, selon les signataires, serait totalement saturé en conjuguant
l'effet passage à niveau fermé et feu rouge vers la rue de l'hippodrome. Après avoir évoqué d'autres options possibles, il conclut que: «les considérations de sécurité sont totalement négligées
par les documents soumis à l'enquête d'utilité publique. La charge qui est imposée au quartier est disproportionnée et doit conduire la commission à donner un avis défavorable pour cet aspect du
projet.»
- Gérard Classe
- Le Télégramme du 18 Octobre 2012
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