Pour une réelle égalité hommes-femmes en Europe
Publié le 13 Mai 2009
Le bilan 2009 de l’Observatoire sur la responsabilité sociale des entreprises révèle que 70 % de celles du CAC 40 ont signé un accord sur l’égalité professionnelle.
Pourtant le baromètre annuel « Capital com » sur la mixité fait apparaître un recul de la représentation des femmes à tous les échelons des mêmes entreprises.
À caractéristiques d’emploi identiques, les femmes sont toujours payées 11 % de moins que les hommes. Un sondage réalisé par le CSA pour la Haute Autorité de lutte contre les discriminations montre qu’un tiers des femmes actives ou retraitées ont le sentiment d’avoir été victimes de discriminations sur leur lieu de travail, parce qu’elles sont femmes. La spécificité féminine qui, aujourd’hui encore, est considérée comme inférieure à l’homme, que ce soit en famille, au travail ou en politique, ne l’est plus tout à coup, face aux licenciements massifs. Trop souvent, le salaire féminin est considéré comme le salaire d’appoint du foyer.
L’absence pour congé de maternité est vue par les employeurs comme un handicap dans le déroulement des carrières féminines et la nomination à des postes de responsabilité, et bien souvent hélas, des femmes hésitent, face à ces barrières, à mener leur grossesse à terme. L’éventualité d’une maternité ou de garde d’enfant est la source d’une inégalité hommes-femmes dans l’entreprise et les femmes continuent d’être les grandes absentes des directions. Leur évolution de carrière est réduite, leur responsabilité réduite, leur rémunération réduite, et ce n’est que lorsqu’elles s’adressent à la justice que leurs droits sont rétablis et leurs qualités reconnues.
La jurisprudence commence à s’étoffer sur la question de l’égalité professionnelle malgré le peu de femmes qui osent encore saisir la justice.
Selon Pierrette CROSEMARIE, dirigeante de la CGT et membre du Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE), le CESE vient d’adopter une communication faisant un bilan sans complaisance de quarante ans d’évolutions de la situation des femmes dans la société française.
Pour le CESE il convient de conforter le droit au travail des femmes et de concrétiser l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Il préconise de développer la mixité des emplois et des fonctions dans tous les secteurs, et notamment il note l’importance de la formation tout au long de la vie.
Le second axe consiste à développer la négociation collective et assurer l’égalité salariale ; la perspective de sanctions financières devrait inciter à des négociations comportant de réelles avancées pour les salariés.
Enfin il met en évidence la nécessité de renforcer la prise en compte de la parentalité dans la vie professionnelle : par le développement de l’offre d’accueil des jeunes enfants (crèches, divers modes de garde…) de rééquilibrage des responsabilités au sein de la famille. Hommes et femmes ont tout à gagner à s’impliquer d’avantage dans les questions d’égalité professionnelle et salariale .
Près de 7000 personnes ont défilé à Paris à l’occasion de la journée du 8 MARS, journée internationale des femmes. Ce même jour, au Zénith de Paris, plus de 6000 personnes en lutte contre le libéralisme du pouvoir Sarkosyen participaient au lancement du Front de Gauche élargi « Pour changer d’Europe ».
Pour gagner une réelle égalité, il faut changer d’Europe. Avec Gisèle Halimi, avocate, militante féministe et combattante pour les droits humains, nous militons pour l’application de la clause de l’européenne la plus favorisée.
M-J GLOAGUEN
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