Quimper-L'avenir de Cummins inquiète les syndicalistes

Publié le 26 Octobre 2012

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David PICO (CGT), Sara BOUCHER (CFDT) et Michel FRANCOMME (CGT)

Les militants CFDT et CGT de Cummins craignent un plan social dans les semaines à venir. Ils déplorent des pressions au quotidien et un manque de communication de la direction.

« Nous aussi, on va leur mettre la pression », interpellent les trois syndicalistes. Sara Boucher, de la CFDT, David Pico et Michel Francomme, de la CGT, sont remontés contre les méthodes de management du fabriquant de filtres pour moteurs Cummins. Le groupe a annoncé, mi-octobre, la suppression de 1 500 emplois sur les 44 000 au niveau mondial (voir Ouest-France du 12 octobre).

Pour l'usine de Quimper, c'est le flou total. Les salariés ne savent pas s'il y aura un plan social dans les prochaines semaines. Si, parmi les 370, quelques employés vont devoir partir. Ou, scénario catastrophe, si l'usine va fermer. « Il n'y a aucun indicateur positif. On en est réduit à faire des hypothèses, regrettent-ils. Toutes les catégories sont concernées. » Seule donnée concrète : les missions des 34 intérimaires ne seront pas renouvelées.

« Sentiment de revivre 2009 »

Dans leur quotidien, les militants de la CFDT et de la CGT disent noter un changement des conditions de travail. « On subit des pressions pour que le règlement soit respecté. L'atmosphère dans les ateliers est pesante. On a l'impression qu'ils veulent tuer l'esprit de cohésion et créer une ambiance pour que les gens quittent l'entreprise. » Les syndicalistes évoquent des pauses chronométrées

Les seniors de l'usine sont également inquiets. A la demande de l'employeur, ils sont convoqués à une visite médicale. « On ne comprend pas. Certains se voient déjà licenciés, commente le trio. Les gens nous le rapportent, ils ont le sentiment de revivre 2008-2009. » En 2009, 62 licenciements économiques avaient été prononcés.

Les salariés auraient aussi constaté des commandes en baisse et une production au ralenti. « En mai et juin, nous avons préparé les stocks d'été. En septembre, on est revenu de vacances et les stocks étaient toujours pleins... D'habitude, à la rentrée, on travaille cinq à six jours par semaine. Là, on est à quatre », explique Sara Boucher.

En octobre, les employés des lignes de production ont dû faire deux semaines à trois jours. La semaine prochaine, deux lignes de production seront fermées, 120 à 130 salariés ne travailleront pas. « On a frôlé le chômage partiel. On a dû poser des congés ou autres RTT. Cela aurait quand même pu faire l'objet de discussions ! » apostrophe Michel Francomme.

Le groupe aurait déclaré que les personnes licenciées seraient informées d'ici mi-novembre. Le 23, le comité d'entreprise se réunira. Nous avons contacté, en vain, la direction de Cummins Quimper.

A des milliers de kilomètres, en Turquie, Cummins a lancé sa production dans une nouvelle usine. Des produits développés à Quimper se sont retrouvés fabriqués là-bas. En Angleterre, à Daventry, alors que 200 employés avaient déjà été licenciés en 2009, 98 ont quitté l'usine il y a quelques jours. Un scénario peu rassurant pour les salariés de Cummins Quimper.

 

Rosemary BERTHOLOM.

source: ouest-france.fr (24/10/2012)

Rédigé par PCF Briec-Fouesnant-Quimper

Publié dans #Eco-Social

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