De la pauvreté extrême à la richesse humaine : les femmes au Venezuela
Publié le 8 Mars 2013
Au cours des premières années de la Révolution bolivarienne, le journaliste belge Michel Collon a visité le Venezuela et cette visite lui a inspiré le livre Les 7 péchés de Chavez qui
s’ouvre par un chapitre intitulé ‘‘Premier péché : il leur apprend à lire’’. Voyage des femmes de l’analphabétisme au savoir…| En 2012, de retour à Caracas, accompagné de l’ancien parlementaire
vert belge Lode Vanoost, Collon participe à des rencontres interactives avec des femmes issues des milieux populaires. Au Venezuela, 70% des représentants des organisations communautaires sont
des femmes. J’y ai assisté…
Nous avons réalisé quelques entretiens de femmes ayant bénéficié de programmes comme ‘Madres del Barrio’, Mamans du Quartier (qui vient en aide à des
communautés de femmes pour créer des organisations de production autosuffisantes), ou ‘Hijos de Venezuela’, Enfants de Venezuela (aide aux femmes pour élever et éduquer leurs enfants).
Premières surprises !
Ces femmes, qui, il y a peu de temps encore, étaient prisonnières de la pauvreté et de l’analphabétisme s’exprimèrent de manière exceptionnelle. Toutes exposèrent
leur situation de manière claire, posée, instruite, avec une capacité de synthèse et en même temps avec fermeté et sérénité quant à leurs convictions et principes.
Guillermina, Yolanda, Melitza, Andrea et Diana exprimaient non seulement leurs expériences mais aussi des remerciements sincères qui sortaient spontanément de leur
cœur pour celui qu’elles considèrent comme leur ‘leader, commandant et président’. On pourrait se demander comment ces femmes qui sont nées dans une pauvreté extrême parvenaient à s’exprimer avec
autant de clarté, voire même de sagesse ?
En fait, elles sont passées par différents programmes d’éducation de la Révolution Bolivarienne. Quelque chose de tout à fait nouveau dans un pays où l’éducation en
général et l’éducation universitaire en particulier étaient jusque-là réservées à une élite privilégiée. Entendez : ceux qui pouvaient payer.
De plus, ces femmes peuvent à présent compter sur leur propre ministère – le ministère de la Femme - qui leur apporte service, assistance et les aide à
s’organiser.
Tous ces programmes sont gratuits ou à prix solidaires pour la population. Comme tous les programmes de santé, d’alimentation, de logement ou d’éducation. Tous ces
programmes sociaux sont financés par les ressources économiques du pays : le pétrole qui avant cela générait des profits seulement pour une minorité privilégiée.
Quant à leur mode d’expression, celui qui nous lit hors du Venezuela doit savoir que ces femmes ont pendant de nombreuses années été très attentives aux discours de
Hugo Chavez, particulièrement à travers le programme intitulé ‘Allo Président’ qui constitue un évènement médiatique sans précédent. Un président qui, pendant des heures et des heures,
communique avec son peuple pour l’informer de la vie de la nation, qui plus est de manière didactique, avec des références historiques, économiques, géographiques voire géopolitiques quand il y a
lieu.
Une rencontre survoltée et surprenante
C’est dans ce contexte que s’est effectuée la visite de Michel Collon et Lode Vanoost…et pour eux également, les surprises allaient commencer. Collon avait exprimé
le souhait de rencontrer des femmes pour entendre leur expérience de la révolution. Les médias alternatifs avaient relayé l’info. Résultat : une atmosphère survoltée dans une salle pleine à
craquer, avec huit cents femmes de la région – les médias alternatifs avaient relayé l’information – et d’autres communautés de femmes de quatre autres Etats (provinces) voulurent participer,
d’autres également en Argentine et au Nicaragua. Ce qui se réalisa dans un duplex ou plutôt multiplex bien organisé et efficace.
C’était très étonnant de voir ces femmes, jusque là exclues de la culture et du débat politique, poser des questions claires et pleines de bon sens sur les médias
en général, la façon dont les gens d’Europe sont informés et le rôle qu’elles pouvaient jouer dans cette bataille médiatique.
“Je comprends maintenant pourquoi la réalité est occultée en Europe”
Michel Collon a aussi visité Ciudad Caribia. Un projet lancé personnellement par Chavez, c’est en fait une toute nouvelle ville de cent mille habitants, tous
originaires de secteurs pauvres et de zones vulnérables aux catastrophes naturelles. Pour eux, Ciudad Caribia est synonyme d’appartements entièrement équipés dans une ville où sont présentes les
infrastructures : écoles, magasins et tous les services de santé de base, de transport et de sécurité. Dans ce cas, il s’agit d’un passage de la pauvreté à la dignité, de la précarité à la
stabilité.
Ciudad Caribia est juste un exemple parmi d’autres d’un programme national baptisé ‘’Vivre en vivant’’ car dans tous ses programmes, ce qui est fondamental
c’est l’humain.
Au centre cardiologique pour enfants, Collon fut informé par les spécialistes du nombre impressionnant d’interventions réalisées. Un hôpital doté des équipements de
dernière technologie, mais aussi d’un sentiment profond d’humanisme. Par exemple, un hôtel adjacent à l’hôpital accueille les familles des enfants malades. Humanisme également car le centre de
cardiologie pour enfants soigne non seulement les enfants vénézuéliens mais aussi ceux d’autres pays pauvres. Est-il nécessaire de préciser que toutes les interventions chirurgicales et autres
soins sont gratuits ?
Mais ce centre de cardiologie pour enfants est tout juste la partie visible de l’iceberg : le gigantesque programme de santé lancé dès ses débuts par la
révolution vénézuélienne. Les trois-quarts de la population, soit vingt millions de personnes se font soigner dans ce service public. Des dispensaires présents sur l’ensemble du territoire
national pour des populations qui n’avaient jamais reçu de soins médicaux, des centres d’examens mis sur pied dans le cadre d’un accord avec Cuba, et des programmes spécialisés très complets pour
les problèmes oculaires et la dentisterie, pour ne citer que deux exemples.
Ainsi, la médecine s’humanise dès qu’elle sort de la logique mercantile. Un programme qui à première vue semble n’être qu’un simple programme de dentisterie revêt
en réalité une dimension humaine profonde : il permet à des gens pauvres et à la dentition défectueuse de ne pas avoir à la cacher lorsqu’ils s’expriment. Pouvoir rire sans honte !
C’est pourquoi ce programme qui a déjà fourni plus de 90.000 prothèses dentaires a été nommé Mission Sourire. La santé pour retrouver la dignité. Michel Collon conclut sa visite :
« On comprend ici clairement pourquoi les médias européens occultent tout ceci. Il ne convient pas que les gens sachent tout ce que Chavez est en train de réaliser au
Venezuela ! »
Jean Araud est Chargé de communication sociale franco- vénézuélien résident à Caracas.
Coordinateur Général de Hermes Internacional
Ses articles sont présentés dans diverses publications alternatives. Il codirige un programme hebdomadaire qui traite des sujets latino-américains et
internationaux sur Radio Del Sur (http://laradiodelsur.com). Il est à l’initiative de Trincheras amigas, forum solidaire d’organisations citoyennes
et de médias non commerciaux.
Source : Investig'Action
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