Tunisie : manifestation monstre de l’opposition

Publié le 7 Août 2013

Des manifestants brandissent le portrait de Chokri Belaïd, le leader du Front Populaire et secrétaire général du Parti des patriotes démocrates unifié (PPDU), assassiné il y a 6 mois jour pour jour.

Des manifestants brandissent le portrait de Chokri Belaïd, le leader du Front Populaire et secrétaire général du Parti des patriotes démocrates unifié (PPDU), assassiné il y a 6 mois jour pour jour.

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté ce mardi soir dans le centre de Tunis pour réclamer le départ du gouvernement dirigé par les islamistes. Deux semaines après l’assassinat de Mohamed Brahmi et six mois jour pour jour après le meurtre de Chokri Belaïd, c’est la manifestation d'opposition la plus importante depuis le début de la crise politique.

« Brahmi a payé le fait de dire non à Ennahdha » a assuré à notre envoyé spécial en Tunisie la veuve de l’opposant au gouvernement islamiste. L'opposition a réunit plusieurs dizaines de milliers de manifestants en colère pour réclamer la démission du gouvernement d'Ali Larayedh, issu du parti islamiste Ennahdha, ainsi que la dissolution de l'Assemblée constituante qui a pratiquement terminé de rédiger le projet de constitution et la nouvelle loi électorale. Suite à cette mobilisation, le président de l'Assemblée nationale constituante (ANC) a annoncé la suspension des travaux de la chambre mardi soir. Il a dit que l'Assemblée ne se réunirait plus tant qu'il n'y aurait pas l'ouverture d'un dialogue entre le gouvernement et l'opposition laïque.

L’opposition est particulièrement affectée par les meurtres de deux de ses membres. Le député laïque Mohamed Brahmi a été abattu à bout portant à Tunis le 25 juillet dernier, et Chokri Belaïd, autre grande figure de l'opposition laïque a été assassiné il y a six mois jour pour jour. Les manifestants sont également galvanisés par l'exemple de l'Egypte, où le président Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, a été déposé le 3 juillet par l'armée malgré sa large victoire électorale un an plus tôt.  
"Le peuple veut la chute du régime", criait la foule rassemblée mardi sur la place Bardo, reprenant le slogan popularisé lors de la chute de Ben Ali en 2011. "Nous ne bougerons pas tant qu'ils (Ennahdha) ne nous laisseront pas tranquilles", affirme Warda Habibi, une manifestante. "Nous n'avons pas eu peur de Ben Ali et nous n'avons pas peur de Ghannouchi [ndlr le président du parti Ennahdha]."
Face à la foule réunie mardi soir place Bardo, Mongy Rahoui, un dirigeant Front populaire, une coalition de partis d'opposition, a déclaré : "Ces foules par légion sont une réponse à Ghannouchi et nous lui disons que nous sommes prêts pour un référendum (...) Nous sommes ceux avec la légitimité de la rue. Votre légitimité est une contrefaçon."

Mardi, les manifestants étaient très nombreux mais selon Reuters, un peu moins que le rassemblement rassemblé par Ennahdha samedi dernier. Le parti islamiste avait, pour réussir ce tour de force, fait affrété des bus spéciaux ave l’aide du ministère des transports et payé des centaines de Tunisiens pour grossir les rangs.

Rédigé par Section PCF de Briec-Fouesnant-Quimper

Publié dans #Planète

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