Les Indignés & le Collectif pour un Audit Citoyen de la dette-Cornouaille
Publié le 22 Octobre 2012
Samedi 20 octobre 2012, Place Terre au Duc, les Indignés ATTAC, AC,CNT, Solidaires,Front de Gauche, FASE, PCF, GA, PG, les Alternatifs, La Gauche Naturellement du Pays Fouesnantais, NPA.... se joignent au Collectif citoyen pour un audit sur la dette-Cornouaille..
Intervention d'Henri Guillou au nom du CAC Cornouaille
Amis, camarades, ici rassemblés, nous
revendiquons quelques droits sur la politiquemenée par Hollande et son gouvernement, avec l'appui des députés et sénateurs socialistes, et leurs alliés, notamment ces derniers temps par
l'acceptation du TSCG, le traité sur la stabilité, sur la coordination et la gouvernance de l'Union Européenne, le fameux traitéMerkel-Sarkozy.
Amis, camarades, nous revendiquons ces droits parce que nous sommes des citoyens responsables, car nous avons voulu un débat public et un référendum sur ce traité qui est une absurdité
économique socialement insupportable.
Ce traité, voté par Mme Blondin sénatrice et Mr Urvoas député, inflige " l'austérité à l'austérité" comme le proclamait le candidat Hollande lors de la campagne électorale des présidentielles.
Ce pacte budgétaire, inspiré par le FMI, la BCE et la Commission de Bruxelles, généralise les plans de misère déjà imposés aux peuples grec, espagnol, portugais.
Ce texte, ce TSCG, engendre de fait pour nous, à travers les budgets nationaux imposés :
- des réductions massives des dépenses publiques, donc des services publics,
- des baisses de salaire, de pension, de retraite et aussi de la protection sociale.
N'est-il pas question aujourd'hui à Bruxelles d'une intégration de la sécurité sociale dans le marché unique européen, soit en termes clairs, de confier certains services de la sécurité sociale à des privés ?
Enfin, ce traité bafoue la démocratie. Il renforce considérablement les pouvoirs des instances européennes non élues et non contrôlées au détriment des parlements nationaux qui perdent ainsi tout pouvoir de décision sur les choix budgétaires de leur pays. Merci audéputé Urvoas, président de la commission des lois à l'Assemblée Nationale, de nous avoir totalement dépossédé de nos droits de citoyen. Ce député, ainsi que Mr Poignant,conseiller du président de la république, ont placé l'austérité comme norme supérieure dans la conduite de la politique de la France. Il faudra qu'ils nous expliquent la "règle d'or", l'application des 0,5 % de déficit structurel, ce que veut dire précisément "le solde structurel annuel des administrations publiques, déduction faite des mesures ponctuelles et temporaires".
Vous n'avez pas compris cette formule ambiguë ? C'est normal ! Les économistes en font tous des lectures différentes et aboutissent à des valeurs contradictoires desquelles découleront ou non les sanctions financières automatiques contre un Etat. Ce sera aux juges européens de la Cour de Justice (qui, comme on le sait, ont tous de grandes compétences en économie) de juger des prévisions macro-économiques de chaque pays et de prendre des sanctions éventuelles contre ceux qui ne respecteront pas la "règle d'or", injonction doctrinale des libéraux américains de l'"école de Chicago" que seuls les gouvernements de la zone Euro épousent sans réserve.
Chers amis, chers camarades, contrairement à ce qu'on veut nous faire croire il y a des alternatives à cette politique d'austérité découlant du plan d'ajustement structurel qui nous est imposé par la troïka, à savoir le FMI, la BCE et la Commission de Bruxelles.
Réveillons-nous, passons à l'attaque, redonnons du pouvoir au politique sur la finance :
- Débattons de la dette publique. Chaque année nous payons 50 milliards d'intérêts de la dette à des spéculateurs, c'est le premier poste de dépense du budget et nous pensons qu'il faudra un effacement massif de cette dette pour sortir de l'impasse dans laquelle nous nous trouvons.
- Sortons le financement public (c'est-à-dire nos besoins en fonctionnement et en investissement) des marchés financiers par une intervention directe de la BCE, voire de la Banque de France.
- Mettons les banques et l'épargne au service de la société sous contrôle public.
- Réclamons une révolution fiscale au niveau européen en taxant les rentiers et les profits des grandes entreprises, sanctionnons les exilés fiscaux à la recherche d'Etats à la fiscalité douce.
- Interdisons les paradis fiscaux et tous les mécanismes spéculatifs.
- Luttons contre la fraude fiscale qui représente chaque année pour la France 45 milliards € ; en Europe, le montant de cette fraude ajoutée à l'évasion fiscale se chiffre à environ 1000 milliards d'€.
- Taxons toutes les transactions financières et notamment les transactions de change qui ont été exclues par Merkel-Hollande alors qu'elles représentent la moitié des transactions financières dans la zone Euro.
- Enfin, refondons l'UE sur des bases démocratiques en combattant la montée des nationalismes et des extrémismes. Mais pour cela il faut vaincre le fatalisme, et constituer un large front des forces sociales et politiques rassemblant dans la rue les travailleurs et les citoyens afin de renverser la vapeur.
Merci de votre attention !
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