REFORME

Publié le 18 Décembre 2006

Selon certains politologues, les français seraient allergiques à toute idée de réforme; ils prennent pour exemple la forte opposition rencontrée par la " réforme" du CPE. Il y a de leur part abus de langage à assimiler réforme et reculs sociaux.

En effet que signifie le mot réforme?

"Changement important, radical, en vue d'une amélioration.", selon le Larousse. "Changement qu'on apporte (dans les moeurs, les lois, les institutions) dans l'espérance d'en obtenir de meilleurs résultats. Prôner des réformes renvoi à un quasi-synonyme: amélioration", telle est la définition qu'en donne le Robert de la langue française. Une réforme doit par conséquent conduire à un progrès, économique, social, culturel, démocratique, institutionnel.

C'est ainsi qu'ont été vécues les grandes réformes qui jalonnent l'histoire de notre pays, comme par exemple celle de 1848 abolissant l'esclavage, celle de 1882 sur l'école primaire laïque, obligatoire et gratuite, celles de 1892 réglementant le travail des femmes et des enfants, celle de 1906 sur le repos dominical obligatoire, celle de 1910 concernant le code du travail, celles du front populaire en 1936 créant les congés payant et la semaine de 40H, celles de la libération, issues du programme  du Conseil National de la Résistance, instituant le droit de vote des femmes, la sécurité sociale, la retraite par répartition, celles des années 1970 sur la contraception et l'interruption volontaire de grossesse (loi Weil), celle de 1981 abolissant la peine de mort...

 

Le mot "réforme" est donc associé, dans l'intelligence collective, à progrès, modernisation. Ces évolutions qualitatives ont, le plus souvent, été le fruit de combats sociaux dans lesquels le monde du travail et les intellectuels ont tenu une place décisive.

 

Ce qui vient de se passer avec le CPE, que certains présentaient comme une réforme phare, est révélateur de ce point de vue.

 

Ce n'était pas une réforme au sens établi du mot, dans la mesure où elle n'apportait aucune "amélioration", bien au contraire, elle étendait et aggravait la précarité au travail pour les jeunes. Vouloir faire passer pour une avancée un tel retour en arrière a été perçu comme une manipulation et a accentué la colère populaire provoquant dans la jeunesse à laquelle le CPE était supposé apporter le bonheur, et plus largement dans le monde du travail, un véritable phénomène de rejet.

 

Mais les partisans de cette prétendue réforme qui continuent à regretter "qu'elle n'ait pas été comprise" (quel mépris pour les 2/3 des français qui souhaitaient son abrogation) montrent qu'eux n'ont véritablement rien compris au profond mouvement social qui a obtenu le retrait du CPE et qu'ils sont prêts à recommencer.

Rédigé par pcf.quimper cornouaille

Publié dans #Divers

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